Don Handi'Chiens

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Le Prince Chagall

"Chagall me donne des ailes et du coup le fauteuil est moins lourd à supporter."

« Tout a commencé en novembre 2008…
Je n’oublierai jamais…
Par une nuit claire, sans nuage, seule dans le noir, installée dans mon fauteuil, recroquevillée dans une couverture, je me suis décidée à écrire une lettre à Handi’Chiens ce 4 novembre 2008.
Il devait être aux alentours des 3 heures. Les mots fusaient de toutes parts, les idées s’entrechoquaient dans ma tête. Je ne savais pas par où commencer.
J’avais brièvement parlé de cette idée d’avoir un chien d’assistance à mes enfants, à mon mari, à mes parents et à mon transporteur…tous étaient ravis…trop à mon goût…mais il me restait à franchir le pas ! _ Arriver à formuler ma demande. Ce qui est loin d’être facile car on pense que d’autres personnes en on plus besoin que nous.
Formuler cette demande par écrit, c’est aussi poser des mots sur son handicap et oser dire : « oui j’ai besoin d’aide, oui j’ai besoin d’un chien pour m’aider dans la vie de tous les jours ». Seulement j’avais peur de deux choses :
-  Ne pas pouvoir m’occuper convenablement du chien
-  Perdre en autonomie
La lettre s’est peu à peu étoffée… je ne l’ai montrée à personne et je l’ai envoyée deux jours plus tard. Je savais qu’en glissant la lettre dans la fente de la boite aux lettres de La Poste, une nouvelle aventure commençait…
Depuis ce jour je n’ai fait que penser à cette lettre. Mon cœur s’affolait dès que je repensais à son contenu.
Puis un jour, un coup de fil… pour me fixer un rendez-vous. Le Responsable du Centre d’éducation Handi’Chiens de Vineuil avait bien reçu mon courrier et désirait me rencontrer. C’est une procédure normale que de se rendre sur le lieu d’habitation de la personne handicapée. Mais là encore, je n’y croyais pas…j’étais sûre de ne pas être ASSEZ handicapée. Quand Michel Heilig est arrivé, les enfants, mon mari et moi étions à la maison. Nous avons parlé pendant plus de trois heures du contenu de ma lettre, de mes activités, de mes loisirs, de la façon dont je pensais m’occuper du chien…, pour enfin savoir que ma demande était recevable et que je ferai peut-être partie du stage de mars 2009.
A compter de ce moment, les jours ont été très longs…les semaines n’en finissaient pas. J’étais encore dans l’incertitude car je n’avais qu’une vague idée de tout ce qu’un chien d’assistance pouvait m’apporter…et j’étais loin de penser qu’il allait devenir Mon prince Chagall.

Puis le stage est arrivé, 15 jours de labeur, où notre volonté d’avoir un chien, notre amour des animaux, notre conscience sont mis à rudes épreuves ! Je savais que ces chiens d’assistance se méritaient…et c’est normal, vu tout le travail accompli en amont par les familles d’accueil et par les éducateurs canins.
Il faut savoir que ces chiens ne sont remis que s’ils sont parfaits ! Et que, à notre tour, nous devons être à la hauteur.
Et puis nous voici de retour à la maison. Chagall et moi sommes très attendus. Il fait la fête aux enfants et à mon mari qu’il avait vu une fois pendant le stage. Je suis inquiète. Saurais-je être à la hauteur…toutes les commandes apprises se télescopent dans ma tête…je dois reprendre mes marques après 15 jours d’absence mais avec Chagall cette fois-ci. Il faut que je pense pour deux (très vite je m’apercevrai qu’il ne faut en fait que penser pour UN).
Chagall fait le tour du propriétaire, renifle de nouvelles odeurs, prend ses marques. La famille, les proches, savent qu’ils ne peuvent le caresser pendant les six premiers mois…Chagall, lui, cherche le contact, essaie, puis revient chercher des caresses auprès de moi.
Je m’aperçois très vite que grâce à Chagall, les voisins « me » regardent différemment, j’ai vraiment l’impression d’exister à travers lui. Le binôme est créé. J’ai même l’impression de susciter de la jalousie…
Les mauvaises langues n’ont qu’à se tenir à leur place : Chagall n’aboie pas de façon intempestive, Chagall ne détruit rien, il aide joyeusement et en plus il est magnifique ! Sa robe couleur or lui donne des allures de Prince. Les reflets de sa robe lui donnent une allure svelte, gracieuse.
Le binôme Chagall-Laëtitia est né. Dorénavant il faudra penser ainsi.
Puis le couple Chagall-Laëtitia se créé peu à peu. L’évolution de la relation est maintenant de l’ordre de l’intimité au sens où Chagall connaît mes habitudes et me comprend au quart de tour sans avoir besoin de lui dire quelque chose.
Chagall a maintenant sa place d’animal de compagnie auprès du reste de la famille. Câlins, jeux, sorties, sont des moments privilégiés. Chagall a ses codes avec les enfants et mon mari qui diffèrent de ceux que j’ai avec lui. Il saura dire à mon mari que c’est l’heure de la promenade…tandis qu’avec moi il ne dit rien, il attend que je la lui propose.
Tel un nouveau né qui arrive au domicile, la venue de Chagall est peuplée d’anecdotes drôles, surprenantes, émouvantes…Voici quelques exemples :
1- Chagall a, dès le premier jour, dormi contre le lit juste à côté de moi. Un soir, je m’endors sans avoir pris mes médicaments contre la douleur. Quelques heures plus tard, Chagall me donne des coups de museau jusqu’à ce que je me réveille. Je me rends compte alors que les douleurs commençaient à se répandre sur tout mon corps. Je réveille alors mon mari qui est allé me chercher mes médicaments… Merci mon Prince !
2- Chagall fait mon bonheur, notre bonheur. Un jour que j’attendais d’être servi à la pharmacie, une personne âgée d’apparence triste s’assoie à côté de moi pour attendre son tour. Elle jette un regard à Chagall puis lui souri. Immédiatement Chagall, alors couché à mes pieds, se lève, se dirige tout sourire vers la dame qui ne manque pas de lui dire qu’il est beau, qu’il est doux. Elle en vient à me dire qu’elle venait de perdre son mari et son chien…et malgré tout Chagall lui avait redonné le sourire. Elle est sortie de la pharmacie le visage illuminé… Merci mon Prince !
3- M’étant inscrit au tennis, j’allais régulièrement échanger quelques balles. Ayant l’habitude d’arriver à l’avance afin que Chagall se dégourdisse les pattes, j’y croisais des personnes venues de la maison de retraite voisine, venues assister à quelques échanges. Chagall leur faisait la fête en leur apportant des choses qu’il trouvait par terre. Elles étaient tout sourire. Un jour que j’étais à la maison, je reçois un appel d’une des personnes du club de tennis pour me dire qu’il y avait deux personnes âgées qui cherchaient « le chien du club » ! Elles avaient fait le déplacement pour retrouver Chagall !
Chagall est maintenant bien installé. Il a ses repères. Il sait être coquin. Il a réussi à me faire apprivoiser mes douleurs, mes raideurs. Celles du réveil sont extrêmement difficiles, alors quand je vais pour me lever, Chagall se lève, vient me lécher la main comme pour m’inviter à le caresser. Je le prends alors dans les bras. Il s’affaisse peu à peu, accompagnant ma main vers lui, et en le caressant mes raideurs disparaissent peu à peu. Je peux ensuite me lever. Et si je tarde, Chagall se rendors en attendant la prochaine caresse…
Je vis avec Chagall une véritable autonomie à deux. J’économise des forces et je gagne en temps avec mes enfants. Ma famille me sait en sécurité avec Chagall car si je tombe, où si quelque chose m’arrive, Chagall aboie et prévient mes voisins. Je peux maintenant partir seule en colloque, pour mon travail.
A travers Chagall, c’est tout Handi’chiens que je tiens à remercier, car en participant à des journées de démonstrations j’ai retrouvé la possibilité d’aider d’autres personnes, en faisant part de mon expérience.
Chagall me donne des ailes et du coup le fauteuil est moins lourd à supporter.

Grâce à Chagall j’ai ce grand plus que n’ont pas les personnes valides,…et j’en suis fière ! »

Laëtitia et Chagall.

Messages

  • nous avions rencontrè laetitia et chagall a truffault il y a 18 mois environ et mon petit dorian avait ètè tres attentif a tout se que me disait laetitia sur son prince et la elle demande a dorian s il veut que chagall lui fasse un calin et la magie l aventure handi chiens commence aussi pour nous car su le chemin de retour dorian me dit maman je veux un chien comme sa et voila DIRAM fait partie de notre vie depuis le mois de decembre alors un grand merci a laetitia et chagall grace a vous 2 la vie de mon loulou a pris un nouveau tournent

    • Bonjour à tous les deux
      Je suis très très heureuse d’avoir de vos nouvelles....Dorian est un enfant extraordinaire qui j’en suis sûre fait la joie de Diram. Je garde un magnifique souvenir de lui. Je lui souhaite une merveilleuse complicité tout comme celle que je vis avec Chagall.
      Nous aurons peut-être la joie de nous revoir ... alors à très bientôt.
      Laëtitia et son prince Chagall

    • bonjour je viens de lire votre temoignage et je le trouve tres beau. merci nous avons fait une demande pour avoir un chien et nous attendons avec impatience le rendez vous avec la personne qui va venir voir notre maison et nous rencontrer par rapport a notre motivation . a chaque temoignage que nous lisons ou que nous regardons nous nous disons que c est une solution extraordinaires . notre elisa a 7 ans , a une maladie inconnu elle est suivie au kremlin bicetre pour des crises de convultion inexpliquee aujour d hui elle et nous sommes determines à combatre cette maladie et voila que l on peut avoir un medicament a 4 pattes votre prince a change votre vie notre princesse a change la notre la maladie est souvent compliquee mais elle m a appris a voir autrement a prendre sur soi et etre patient mais surtout a ne jamais baisser les bras nous sommes plus que jamais determiner a donner a notre fille encore plus d amour avec un handi chien en esperant que cela se fasse le plus rapidement possible a nouveau merci bonne soiree a vous a votre famille et a chagall bien sur