« Toutes les familles d’accueil vous le diront, lorsque nous promenons un chien d’ Handi’Chiens, nous passons rarement inaperçu. Souvent, les gens nous interpellent, posent des questions sur notre rôle et sur cette association que, bien souvent, ils ne connaissent pas ou confondent avec les chiens guides d’aveugle. Les questions sont toujours les mêmes : Combien de temps le chien reste-il avec vous ? Quel va être son rôle plus tard ? Nous profitons de l’occasion pour parler de l’association et tentons fièrement d’expliquer au mieux notre rôle. Et puis, inévitablement, les mêmes blocages apparaissent : « Se séparer du chien au bout de 18 mois ? Nous, on ne pourra jamais, nous y serons trop attachés…. Et pour les enfants, cela va être dur ? ». J’avoue qu’à l’époque, nous étions démunis devant ces remarques.
Aujourd’hui, nous avons des réponses à toutes ces interrogations et nous aimons raconter la belle aventure que nous avons vécue.
Nous leur dirions d’abord que ce chien n’a jamais été et ne sera jamais le notre, qu’il ne nous appartient pas. Il est destiné à d’autres personnes qui en ont plus besoin que nous. Quand on se sépare du chien, il ne disparaît pas à tout jamais de notre vie et surtout, nous avons la certitude qu’il sera heureux et bien traité. Nous oserions même dire que nous avons eu la chance de vivre avec lui ses plus belles années de jeunesse.
Ensuite, nous leur dirions que la peine de la séparation est largement compensée par la joie de la remise de notre chien à une personne en difficulté. Ces sourires, cette émotion nous ont remplis de bonheur. Celui d’avoir, modestement et à notre niveau, participé à cette grande chaîne de solidarité qu’est Handi’Chiens. Celui enfin de pouvoir se dire qu’après des années à vivre pour nous, notre regard et notre énergie se sont portés vers les autres.
Alors oui, le jour de la remise d’Epice au Centre d’éducation Handi’Chiens de Lyon, nos filles ont pleuré. Un moment de grande émotion.
Mais le jour de la remise d’Epice à Laure et sa famille, elles n’ont rien dit. Elles étaient déjà conscientes du rôle qu’elles avaient joué et je crois qu’elles en étaient fières. Finalement c’est moi, le papa, qui ai pleuré. Pas de tristesse, non, mais de joie, d’émotion et de bonheur d’avoir mené ce projet jusqu’au bout.
C’est une aventure qu’il nous tarde déjà de renouveler pour à nouveau rencontrer ces visages et ces parcours plein de courages et d’espoir. »
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